Jeudi 12 mars 2009
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Le silence est ma première défense, l'armure derrière laquelle je me réfugie chaque instant. Mon esprit se meut invariablement, il est sans limites, sans repos, ne
sommeille pas une seconde ; les pensées jaillissent, se bousculent, se confortent, se contredisent, s'entre-déchirent, chacune réclame sa place, son domaine, ma boîte crânienne devient
rapidement un abri trop exigu...
Mes paroles déforment presque toujours mes pensées premières.
Le chemin qui sépare la pensée originelle de sa mise en paroles, en mots, doit être semé d'embûches, de leurres, de petits lutins espiègles et manipulateurs, qui tordent, malmènent, chahutent la
pensée, la travestissent en l'abrutissant de mensonges. Et lorsque, finalement, la pensée passe mes lèvres pour parvenir au monde extérieur, elle arrive salie, me trompe.
C'est un peu comme on entame notre existence, bercés par une certaine innocence, loin de questionnements pseudo-métaphysiques du genre "qui suis-je", "pourquoi suis-je moi et pas un autre", "où
vais-je", autant d'absurdités qui auront bien assez tôt fait de nous empoisonner la vie.
Toujours est-il que nos débuts s'avèrent plein de promesses, d'espérances, que l'on imagine à aucun moment déçues. Tout semble possible et viable.
Mais les lutins ne sont déjà plus très loin. Si l'on tend bien l'oreille, ouvrons bien les yeux, on peut les les entr'apercevoir, tâpis dans l'ombre, à ricaner
cyniquement ; car eux savent que le chemin est tout tracé, ils ont toujours été là, mais la vie peut être
longue, alors dans leur immense bonté, ils nous offrent quelques jours, quelques mois, quelques années de répit : la pureté, l'innocence des premiers jours, le soleil et son doux picotement,
chaud et protecteur, dans un ciel azur, où à peine quelques nuages cotonneux et immaculés mûs par une brise tiède, ajoutent un charme romantique, beau, trop beau pour être éternel...
(mémoires d'adolescence...)
A suivre...