Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 21:35

Sujet concret d'actualité : aujourd'hui mon "blogRank" est à 0. Pas de quoi faire s'arrêter la Terre de tourner, on est bien d'accord. Bon, jusqu'à maintenant, mon record était de 4. Sur 100, c'est déjà bien je trouve. Je vais pas en plus geindre et me plaindre ! Mais, sans avoir un égo surdimensionné, quelque-part le "0" fait mouche.
Alors revient la grande question "existentielle" : comment être intéressant ? Qu'est-ce-qui fait que certains sont plus intéressants que d'autres ? Pourtant, la question de l'intérêt est tout sauf objective. L'intérêt suscité est subjectif.
Vous prenez deux personnes qui vont vous parler d'un sujet identique, disons la météo du week-end. Elles emploieront toutes deux exactement les mêmes mots. Mais au final, l'une des deux nous aura parue plus intéressante. Pourquoi ? Question de gestuelle, de physique, de ton, de regard, d'attitude générale ? On a coutume de nommer ce phénomène "charisme". Et bien je crois qu'il est effectivement question de charisme. Difficile à admettre, mais, en son temps, Adolf Hitler était un individu charismatique. Malheureusement pas pour le bien de l'humanité.

Par Mélusine - Publié dans : au jour le jour
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 14:38

Une après-midi chaude, caniculaire, typique du climat estival de la région.
Dans l'appartement, les fenêtres grandes ouvertes amènent un semblant d'air lourd. Les volets sont clos. Les rayons du soleil restent cloisonnés au dehors, seule la chaleur oppressante parvient encore à pénétrer les pièces.
Nous étions en ville cette après-midi-là, nous gorger de bruits, de mouvements, de distractions, nous mêler à la masse humaine, suante et vaporeuse. Les portraitistes caricaturaux, l'homme statue, les magasins de souvenirs, emblèmes du kitsch touristique, la cathédrale, sa fraîcheur et son grès rose indestructible.
Puis retour via l'autobus, tout en odeurs de gasoil et de sueur entremêlés.
Notre sueur coule dans le creux de notre dos, elle perle aux racines de nos cheveux, se diffuse par tous nos pores. Notre corps est, moite, collant. Déjà la transpiration poisseuse se transforme en crasse. Mais son odeur, cette odeur si particulière, paraît douce, réconfortante.
La sueur au goût salé, cette humidité parfois dégradante, éxutoire d'un corps que la châleur étouffe, cette sueur dont la saveur nous rappelle si souvent des moments, des sensations, des émotions auréolées de bonheur, de bien-être, d'insouciance.
Retour à l'appartement aux courants-d'air. Quelques boules de glace, un énorme verre de soda glaçé, ou un gros bol de céréales arrosées de lait polaire. Assise sur le canapé, humant l'air de la ville, au son des automobiles qui, sans relâche, arpentent le long boulevard. D'où viennent-elles, où vont-elles, peu m'importe alors. Seuls leurs vrombissements réguliers prennent place dans ma mémoire.
Quelques dessins animés, ou quelques soaps américains plus tard, je me préparerai fièrement mon "Bolino"du soir, un hâchis parmentier, mon préféré. Fièrement, parce-que c'est moi seule qui allume la gazinière et fais bouillir l'eau. Ma grand-mère m'a appris à craquer les allumettes. Alors, tel Neil Armstrong posant le pied sur la lune, je craque religieusement et prudemment mon allumette.
Quelle magnifique avancée dans l'univers de l'autonomie...
Plus tard, je serai médecin, courant d'une mission humanitaire à l'autre, avec, en prime, la capacité non négligeable de savoir craquer les allumettes !...
Je soignerai des petits enfants noirs, aux ventres gonflés de trop peu, et craquerai une ou deux allumettes pour égayer leur quotidien morbide.
Jusque-là, les saisons continueront de se succéder, le temps de s'écouler, des glaces en été, des marrons chauds et un chocolat bouillant en hiver.
A ce moment-là, le changement n'existe pas dans mon vocabulaire, de même que la fatalité, la maladie, la mort.
Pareil pour le bonheur. Je ne saurais le nommer, encore moins le nuancer, puisqu'il est tout ce je connais. Et ce que je connais ne rencontre aucune variation, ni hauts, ni bas. Quitte à me qualifier, je suis Heureuse.
Un bonheur doux, calme, apaisant, lumineux, sur lequel le temps ne peut avoir prise.
Je suis dans ma bulle. Mon deuxième placenta.
La réalité, quelle qu'elle soit, ne me bouscule pas.
Je vis en apesanteur dans un bonheur que je crois éternel. Ma bulle me protège, je la regagne sans cesse.
La personne qui en détient la clé a un visage. Une écoute attentive, un regard limpide, un sourire lumineux et rassurant. Elle a disparu de ma vue, mais dans mon coeur elle demeurera à jamais. Mon Ange Lumineux aux ailes déployées.

Par Mélusine - Publié dans : doux souvenir.
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /2008 13:41

Encore une nuit abandonnée par le sommeil.
Je ne dors pas. Est-ce parce-que je ne peux pas, ou parce-que je ne veux pas dormir ?
J'ai peur. J'ai peur des autres.
Dans quelques heures à peine, les autres, pendant deux jours entiers. Pas le choix, formation obligatoire.
Des autres que je ne connais pas, ils me font peur, ils sont ensemble, en force. Ils vont rire de moi, se moquer,chuchoter derrière mon dos, me faire mal ?
J'ai peur, je ne veux pas y aller. Ou bien tout de suite, et que ces deux journées soient passées, finies, derrière. Mais non, ça n'est pas possible.
Sourire, relever les épaules, faire semblant, parler même, tout ça pendant des heures. Un véritable spectacle d'improvisation.
J'ai pensé aller voir le Dr F., et en repartir avec un arrêt maladie qui tomberait à point nommé.
Fuir encore et toujours, reculer pour mieux sauter.
Je vais y aller à cette formation. Je serai seule, emplie de vide, à imaginer n'avoir que des ennemis à mes côtés.
L'angoisse va m'étreindre le reste de la nuit, puis la journée, et encore une nuit, puis une journée, jusqu'à la délivrance tant attendue. Cette angoisse qui m'affaiblit encore davantage que la peur toute seule.
Je suis terrifée, comme une enfant et ses terreurs nocturnes. Sauf que là, c'est pas le monstre caché sous le lit, qui me terrorise. Je me terrifie toute seule. Et personne à qui le dire.
Je vais être forte, ou du moins je vais simuler ma force. Je vais me "dédoubler", que seul mon moi "positif" se montre. Celui qui s'accroche un joli sourire, qui ne se tourmente pas, qui arrive à converser avec d'autres, celui qui flotte dans le temps avec légèreté, sans chercher à analyser les regards, les silences, les attitudes "suspectes". Le moi non-suspicieux. J'y arriverai...
... J'ai peur, je ne veux pas y aller. J'ai peur des Autres.

Par Mélusine - Publié dans : Angoisse
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /2008 13:08

J'ai envie de me cogner la tête contre les murs, me taillader les poignets, me prendre un camion de face sur l'autoroute, faire le saut de l'ange depuis un pont, les ailes en moins, et me laisser couler dans les eaux sombres.
J'ai mal d'avoir mal. J'ai mal à mon silence. J'ai mal de ne pas comprendre pourquoi je souffre.
La porte de ma vie est close, je reste assise derrière sans même tenter de l'ouvrir.
Mon corps m'insupporte, mon esprit m'execre. Et toujours les mêmes maux, les mêmes mots, les mêmes questions qui m'obsèdent.
Vais-je finir par couper le fil qui me rattache au monde des vivants, ou au contraire m'y raccrocher une bonne fois pour toutes, et remonter en haut de la falaise, m'y installer à l'abri, en sécurité au milieu de l'herbe verte et grasse.
J'ai les armes pour me défendre, pour exister vraiment, mais pour l'instant ces armes reposent au fond d'une belle armurerie. J'ai sur moi toutes les clés, mes poches en sont pleines. J'ignore, ou je préfère ignorer quelles portes, quels placards, quels coffres elles ouvrent.
Je gâche mon existence, j'ai la chance d'être en vie mai me conduis comme une zombie.
J'aurais souhaité etre un Ange Gardien. M'occuper des Autres plûtot que de moi. C'est facilement compréhensible : comment prendre soin d'un individu tel que moi, impotent à se prendre en charge, à avancer, à exister tout simplement.

Par Mélusine - Publié dans : dark days
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /2008 13:47
Il fait soleil dehors. Mais pas le vrai soleil, celui bien jaune, entouré d'un halo doré et aveuglant, posé sur un firmament bleu azur, profond et si doux à la fois. Là, c'est un soleil trouble, qui rend le ciel blanc et vaporeux, un ensoleillement brumeux, qui fait mal plus qu'il n'enchante.
Dans ma tête, il fait nuit. Jour de ténèbres cérébrales. Mon corps se déplace, se pose, se redéplace, se re-pose, cherchant vainement un repos définitif, mais paradoxalement, pour quelques temps seulement.
Un sanglot pèse de tout son poids sur mon plexus solaire. L'eau ne demande qu'à jaillir de mes glandes lacrymales. Le Lexomil est à seulement quelques centimètres de moi, au frigo une bouteille de Vodka.
Lutter ou me rendre ?
Le sanglot se déplace vers le haut, les larmes avec. L'oeil droit capitule en premier, le gauche ne tarde pas à le suivre.
Deux simples larmes. D'autres suivront, je ne les retiendrai pas, ni ne les essuirai.
Elles seront peut-être l'unique parcelle de vie que je produirai aujourd'hui.
Respirer, pleurer, attendre. Dormir, enfin.
Par Mélusine - Publié dans : dark days
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