Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 21:57
... Ouf, faut croire que la soupape a un peu lâché ce jour-là. Trop de larmes versées, trop de paroles prononcées devant témoins "experts". Puis une presque mise au pont avec A-L., au travers d'un morne "mais je suis pas ton boy quoi !!", largué comme ça, devant la Place K.. Je l'ai donc laissée à son sort, et poursuivi mon petit chemin en direction d'un troquet tranquille. Enfin assise devant un grand café (sans clope, merde !!), je fouille machinalement mon sac, histoire d'avoir l'air occupée, pour faire passer le malaise des premiers instants consécutifs au fait de pénétrer seule dans un bistrot. Je continue sur le même mode en manipulant mon portable, tout en essayant de ne surtout pas paraître désespérée. Et c'est là, au cours de ces efforts de "paraître", que je finis par tomber sur un article, au milieu du fatras de notes, tickets et autres bon de réduc' Auchan, contenu dans mon sac.
A cet instant, je me sens tout-à-coup réinvestie par mes légendaires pouvoirs "scribiques".
Du papier, un stylo, les mots s'enchaînent, les uns derrière les autres, avec une facilité déconcertante. Je gratte, je gratte, m'octroyant quand même une courte pause, le temps de demander au serveur (charmant d'ailleurs, hormis un accent al. prononcé) la carte des boissons. J'y choisis un Bailey's, passe commande, puis me remets au scribouillage intensif.
Deux Bailey's plus tard, je repars en direction 3..3, la tête en phase de nettoyage à sec, via la marche active que je pratique dans une totale allégresse, de la Place B. jusqu'à l'entrée du Pavillon "Psychiatrie" de l'Hôpital C.
Quelques heures plus tard, me revoilà, assise en tailleur sur la couverture bleue, penchée sur mes écrits. La salade dite "mixte", servie au repas du soir, m'applique, au niveau de l'abdomen, une tension plus que certaine. Entre le gruyère-cervelas baignant dans l'huile, et la diarrhée verbale dont m'a gratifiée mon voisin de table, je ballonne un max ! Et les bruits aussi intempestifs que tonitruents émis par mon appendice gastrique, n'ont de cesse de me rappeler la lourdeur d'un repas, censé avoir été équilibré. Vous m'en direz tant ! Un dîner mal équilibré servi à une tablée de déséquilibrés patentés, qui dit mieux ?!
Allez, demain je suis prête à supplier le Bon Docteur F., à genoux s'il le faut, pour qu'il m'autorise mon week-end de sortie. Au pire, on me remettra peut-être en chambre individuelle. Faut pas trop rêver non plus... Quoique... déjà que je ne suis pas sortie d'affaire, et vu le peu que j'arrive à dormir, je peux bien me permettre un semblant de rêve éveillé...
Par Mélusine - Publié dans : souvenirs amers...
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 13:35

16h25 tapantes, retour à l'hosto.
Bienvenue dans le monde de l'internement psychiatrique, ce monde de bienveillance absolue et de complète compréhension de l'âme humaine.
En psy, aucune dissimulation possible, aucun mensonge, aucune manipulation quelconques ne sont même envisageables. Non. Ici, les bons médecins voient tout, déchiffrent et comprennent absolument tout, de nos joies les plus viscérales, à nos tourments les plus indiscibles.
Petits faibles d'esprit, déments et autres pseudo-aliénés, nous ne sommes jamais que d'innombrables livres ouverts, tous autant que nous sommes, pour ces pertinents "psygéologues".
Aucune de nos strates ne leur demeure inconnue longtemps. "Les médecins savent ce qu'ils font !...". D'accord, alors Ainsi Soit-Il. Donc Bibi, tu fermes ta gueule et tu dis "Amen". Tu fais le gentil toutou dans la vitre arrière, tu balances ton museau du haut vers le bas, puis du bas vers le haut, dans un mouvement bien régulier, tu ornes le tout d'un sourire niais, agrémenté d'un regard rempli de reconnaissance et surtout larmoyant à souhait : "Oh Mon Bon Docteur, Dieu n'est rien comparé à Toi... Tu es Dieu !"... A suivre...

Par Mélusine - Publié dans : souvenirs amers...
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 13:11
Peu importe le nombre de mots,
peu importe le nombre de phrases, de lignes, de pages noircies,
Aucune tournure de style, quelles que soient son excellence, sa poésie, sa richesse sémantique,
AUCUNE,
ne parvient à décrire, exprimer, "translater", de manière suffisamment authentique, fidèle, voire parfaite,
L'amoncellement, le flot permanent, d'émotions, d'idées, de pensées
qui jaillissent, fusent et tourbillonnent encore et encore
Là, A l'Intérieur.

A la lecture, le rythme est trop lent, il est difficile de ressentir avec exactitude, la vitesse à laquelle tout cela se produit.
Comment décrire la vitesse de la lumière, si on n'a même jamais été assis sur le dos d'une comète ?...
Par Mélusine - Publié dans : Mélancolie
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 06:58
Je ne suis décidemment pas douée pour ce fichu Bonheur... mais je ne désespère pas pour autant d'en savourer quelques cuillerées, piochées çà et là au fil de la Vie.
Un soir, un dimanche soir plus précisemment, j'ai changé. Une partie de moi, cette partie si lumineuse, s'est éteinte. Etrange paradoxe pour quelqu'un qui est né un dimanche matin !... Cette partie, je la reconnais encore sur d'anciennes photographies, il m'arrive même très souvent de l'envier. Elle n'est pas morte, elle a simplement cessé d'exister. Son chemin s'est arrêté et elle est restée suspendue dans le temps.
Une autre partie se construira, et luiera différemment de l'ancienne.
Construire, démolir, reconstruire, bâtir des fondations, en consolider d'autres, that's life !... La Vie est mobile et maléable, autant que le sol sur lequel nous posons nos pieds chaque jour.
Par Mélusine - Publié dans : Mélancolie
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /2008 20:40
C'est étrange comme les choses, sans changer, nous deviennent indisciblement différentes. Comme ça, tout d'un coup, sans qu'on s'y attende. Enfant, on dévorait gouluement toute la "Bibliothèque Rose", "Fantômette", et autre "Club des 5", à présent tout cela nous paraît si désuet, niais. Certaines images, certains bâtiments, boulevards, rues, paysages, mots, sons, prennent soudain des apparences, des consonnances différentes, presqu'étrangères.
Et pourtant, rien n'a vraiment changé. Seul le regard s'est modifié. Le regard que l'on porte se modifie sans que l'on y prète attention.
Alors ces choses, même insignifiantes, qui aujourd'hui me semblent étranges, voire inconnues, me font réaliser que ce ne sont pas elles, mais moi qui, j'ignore quand et en combien de temps, suis devenue étrangère à moi-même. J'aborde une terre inconnue, qui n'est autre que moi.
Je pensais ne pas me connaître. A présent, je ne me reconnais plus.
Jusqu'où cela va-t-il aller ? Jusqu'à quel point mon regard va-t-il évoluer, et dans quelle direction ?
J'ai de plus en plus peur de devenir totalement aveugle. Inerte, amorphe, dénuée de sentiments, de sensations, indifférente... aux autres, à tout, à moi...
Je bouge, respire, parle, bois, mange (même si ces 3 dernières choses sont assez problématiques), tout laisse à penser que je suis un individu bien en vie.
Si je vis, mon âme est présente alors. Mais je ne la ressens plus comme avant. J'essaie de l'attrapper dans un brouillard sombre et épais, pendant que ma conscience et ma raison elles aussi m'échappent.
Les informations contenues au sein de la matière visqueuse abritée par ma boîte crânienne, se mélangent et se brouillent dans un tourbillon apocalyptique.
Il faut absolument que le brin d'Espoir qui flotte quelque-part là-dedans, résiste et survive.
Si lui aussi venait à se perdre dans le brouillard, il n'y aurait plus qu'à célébrer mon emmènagement à durée indéterminée dans la dimension des damnés... Non merci !...
Par Mélusine - Publié dans : Mélancolie
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